Le lancement d’IM8 Health, co-fondée en 2024 par David Beckham et la société cotée au Nasdaq Prenetics, a fait beaucoup de bruit dans le secteur du complément alimentaire. Au-delà de l’effet « célébrité », cette opération concentre plusieurs signaux forts du marché : montée en puissance de la longévité, rationalisation des routines, caution scientifique renforcée, modèle d’abonnement premium. Pour les marques qui souhaitent lancer ou faire évoluer une gamme de compléments alimentaires, il y a ici matière à analyse.
1- Un positionnement pensé pour un consommateur qui en a assez de multiplier les gélules
Le produit phare d’IM8, Daily Ultimate Essentials, est présenté comme une poudre « tout-en-un » renfermant 92 ingrédients, et qui a vocation à remplacer jusqu’à 16 compléments quotidiens : vitamines, minéraux, extraits de plantes, CoQ10 (100 mg), MSM (1 000 mg), pré/pro/postbiotiques, enzymes digestives, adaptogènes, etc. Son second produit, Daily Ultimate Longevity, est une capsule quotidienne positionnée sur la régénération cellulaire et les douze marqueurs du vieillissement (hallmarks of aging) identifiés par la littérature scientifique.
Ce positionnement répond à un phénomène observé depuis plusieurs mois par les distributeurs : la « supplement fatigue ». Le consommateur premium accumule les flacons, peine à être régulier, et cherche une solution unique, bien dosée et lisible. Pour une marque en cours de construction, le message est clair : l’empilement de SKUs trop spécialisés complique la vie du consommateur final et fragilise la régularité de consommation, qui reste le premier facteur d’efficacité perçue.
2- La caution scientifique devient un critère d’achat à part entière
Sur le papier, IM8 s’appuie sur un comité scientifique qui regroupe des chercheurs affiliés à la Mayo Clinic, à la NASA, à Yale, à Cedars-Sinai, à l’Université de Floride et à l’Université du Connecticut. Le produit Daily Ultimate Essentials Pro a par ailleurs obtenu la certification NSF Certified for Sport®, qui vérifie notamment l’absence de substances dopantes, la qualité de la fabrication et la conformité entre étiquetage et contenu.
Là où la caution « médecin » ou « pharmacien » suffisait il y a encore cinq ans à rassurer le consommateur, la nouvelle génération d’acheteurs réclame des preuves plus structurées : composition d’un conseil scientifique, publications citées, certifications tierces, traçabilité des matières premières. Pour les marques françaises qui préparent un lancement, cela implique d’anticiper dès la phase de formulation la construction du dossier preuve : études cliniques des ingrédients, choix de formes brevetées et documentées (type Quatrefolic® pour la vitamine B9 ou AstaPure® pour l’astaxanthine), et certification produit après lancement. Ce travail ne se rattrape pas a posteriori.
3- Un modèle économique premium, internationalisé et porté par l’abonnement
IM8 est directement lancée dans 31 pays via un site en direct-to-consumer, avec un prix d’environ 79 USD par mois en abonnement sur le produit essentiel. Les résultats financiers publiés par Prenetics indiquent une croissance rapide : environ 581 000 USD de chiffre d’affaires sur le premier mois post-lancement (décembre 2024), pour atteindre près de 120 millions USD de revenu annualisé à fin 2025.
Trois éléments méritent d’être retenus :
- Le DTC en abonnement reste le levier principal de rentabilité dans le complément alimentaire premium. Il suppose cependant une infrastructure logistique et un service client robustes dès le premier mois.
- Le prix élevé est assumé : il est justifié par le nombre d’ingrédients, les dosages cliniques, les certifications et la figure du co-fondateur. Un prix public supérieur à 70 € par mois reste possible en France à condition que la valeur perçue soit cohérente.
- L’internationalisation dès le lancement est rendue possible par un site unique et une formule mondialisée. Pour une marque française, cela suppose une vigilance réglementaire accrue : la formule IM8 n’est d’ailleurs pas commercialisable en l’état dans l’Union européenne, plusieurs ingrédients et dosages étant soumis à restrictions (novel foods, plafonds de vitamines, allégations de santé encadrées par le règlement (CE) n°1924/2006).
Ce qu’il faut retenir pour une marque de compléments alimentaires en France
Le lancement d’IM8 confirme plusieurs tendances structurantes : montée en puissance de la longévité comme bénéfice premium, recherche de routines simplifiées, exigence de preuve scientifique, et enfin rôle décisif du storytelling fondateur pour émerger. Il rappelle aussi qu’un produit global ne s’adapte pas automatiquement au cadre européen : la moindre revue des dosages ou des allégations doit être effectuée en amont du lancement, sous peine de blocage douanier ou de rappel post-commercialisation.
Pour les marques qui préparent un nouveau complément alimentaire ou qui souhaitent repositionner une gamme, il est utile de se poser trois questions :
- Mon produit simplifie-t-il réellement la routine du consommateur, ou vient-il l’alourdir ?
- Mon dossier de preuves (études, certifications, conseil scientifique ou médical) est-il solide et vérifiable ?
- Mon modèle de distribution permet-il de construire la récurrence nécessaire à la rentabilité ?
Chez Kares-up, nous accompagnons les marques de compléments alimentaires sur ces trois volets : stratégie de positionnement, développement de formules en accord avec la réglementation française et européenne, et sélection du bon partenaire industriel. L’objectif : transformer un signal marché comme IM8 en une opportunité concrète et réglementairement maîtrisée pour votre marque.
Raphaëlle DA COSTA
Fondatrice de Kares-up
Sources : communiqués officiels Prenetics (PR Newswire, Nasdaq-Listed Prenetics and David Beckham Officially Launch IM8 Health, novembre 2024), NutraIngredients (octobre 2025, février 2026), NSF International, im8health.com, règlement (CE) n°1924/2006.


